Après avoir connu une hausse impressionnante en 2019, le cours du palladium précieux devrait encore flamber cette année.

Le palladium est devenu plus cher que l’or, son cours a même dépassé les 2 500 dollars l’once ce mois-ci. Depuis le début de l’année, le prix du métal blanc a bondi de plus de 24 %, plus de 50 % en 2019. Deux facteurs expliquent ce phénomène : la production du palladium n’arrive pas à augmenter et les stocks disponibles ne cessent de se réduire. D’un autre côté, la demande augmente, tirée par l’industrie automobile. Le métal est utilisé essentiellement dans la fabrication des pots catalytiques des véhicules à essence, moins polluants que les voitures diesel. C’est la raison pour laquelle, ces dernières années, les consommateurs délaissent le diesel au profit de l’essence.

« Avec le développement du marché émergeant d’une part et le durcissement des normes environnementales d’autre part la demande du palladium ne cesse de croître depuis ces dernières années ce qui fait que pour la 9e année consécutive en 2020 on est sur un marché qui va être déficitaire entre la production et la consommation. Il existe aujourd’hui un substitut de ce métal, le platine. Mais cette substitution n’est pas simple à réaliser techniquement d’une part, elle prendra du temps, et puis les constructeurs automobiles hésitent à passer sur le marché du platine parce que le marché du platine est encore plus petit que le marché du palladium. Les constructeurs ont donc peur de se retrouver à terme sur le marché du platine avec encore plus de problèmes que ceux qu’ils connaissent aujourd’hui sur le marché du palladium » estimeBenjamin Louvet, gérant matières premières chez OFI Asset management.

En effet, le marché du platine avec une production de 250 tonnes par an est plus petit que celui du palladium qui varie entre 320 et 350 tonnes. Très peu de pays produisent le palladium. Les deux principaux sont la Russie et l’Afrique du Sud. Ils assurent presque les trois quarts de la production mondiale.