L'ail de Californie est un des seuls produits agricoles aux États-Unis à profiter de la guerre des taxes avec la Chine.

Aux États-Unis, les producteurs d’ail flairent déjà les profits qu’ils vont pouvoir tirer de la brouille avec la Chine. Depuis le 4 mai, leur concurrent redoutable, l’ail chinois, est taxé à hauteur de 25 % par les douanes américaines.

Le lobby de l’ail aux États-Unis n’a pas ménagé ses efforts pour obtenir cette mesure : en juillet dernier la première entreprise du secteur, Christopher Ranch, avait envoyé son représentant à la Maison Blanche pour que les bulbes chinois et leurs dérivés fassent partie des importations sanctionnées par Washington. Une occasion rêvée, pour la filière californienne de l’ail, de barrer un peu la route à son concurrent asiatique.

Omniprésence des exportations chinoises

Les exportations chinoises pèsent 80 % du marché international dans l’ail frais, 90 % dans l’ail déshydraté et elles ont conquis le tiers du marché américain depuis le milieu des années 1990. Difficile il est vrai pour l’ail américain, vendu 60 cents de dollar le carton de 14 kg, de concurrencer son concurrent chinois, importé deux à trois fois moins cher.

Aujourd’hui, la compétitivité de l’ail chinois est bien affaiblie. Une première taxe de 10 % au mois de septembre avait déjà porté un coup aux importations chinoises. Le leader californien de l’ail en avait profité pour augmenter ses ventes de 15 % depuis. Avec 25 % de taxes désormais, décidées au moment idéal, juste avant la récolte, en Californie comme en Chine, les producteurs d’ail californien se frottent les mains.

Les perdants, aux États-Unis, ce sont les fabricants industriels d’assaisonnement, ils utilisaient beaucoup d’ail chinois dans leurs recettes. Les taxes américaines sur l’ail chinois pourraient aussi aggraver la dépendance de certains pays africains, comme le Kenya, aux gousses asiatiques. Plus rondes et plus faciles à éplucher que les gousses kényanes, pourtant plus douces, les têtes d’ail chinoises auraient déjà conquis 80 % des ventes sur la plupart des marchés du pays d’Afrique de l’Est.