Dans la chronique des matières premières, on parlera aujourd’hui de l’hydrogène. Il est utilisé essentiellement dans le secteur de l’industrie, il suscite de plus en plus l’intérêt des industriels, car il est considéré comme la clé de la transition énergétique.

Des géants de l’industrie s’intéressent aujourd’hui à l’hydrogène, ce gaz inodore, non toxique convoîté par les constructeurs automobiles. Le groupe français EDF, leader mondial dans la production d’électricité, a annoncé début avril la création d’une filiale pour fabriquer et commercialiser l’hydrogène. L’allemand Bosch, le premier équipementier automobile mondial se lance de son côté dans la batterie à hydrogène afin d’équiper les véhicules électriques. Un réservoir dans le véhicule stocke l’hydrogène comprimé, il est transformé ensuite en électricité via une batterie pour alimenter un moteur électrique qui ne rejette que de la vapeur d’eau. Une technologie qui intéresse la Chine, premier marché automobile mondial. Le gouvernement chinois vise à mettre sur les routes 50 000 voitures à hydrogène d’ici 2025.

Les véhicules à hydrogène rejettent en effet de la vapeur d’eau, zéro gaz à effet de serre et zéro particule fine. Les experts estiment que le marché mondial de l’hydrogène pourrait passer de 130 milliards de dollars aujourd’hui à environ 2 500 milliards en 2050.

Des obstacles restent à surmonter

L’hydrogène, même s’il se trouve en grande quantité dans l’eau et les matières organiques il faut le fabriquer et le processus de fabrication est très énergivore. Actuellement, 90 % de l’hydrogène est produit à partir d’énergie fossile, c’est la méthode la plus rentable, mais elle pose le problème des émissions de gaz effet de serre. Il y a une autre technique sur laquelle misent aujourd’hui les industriels, celle qui consiste à décomposer l’eau à l’aide d’un courant électrique afin d’isoler l’hydrogène. Mais cette méthode est coûteuse et devient encore plus si on utilise de l’électricité renouvelable.

Il faut donc que les pouvoirs publics s’en mêlent pour financer les recherches. En Europe, des pays comme l’Allemagne et la France comptent bien ne pas rater la marche : le gouvernement allemand envisage la construction de 400 stations de distribution d’hydrogène d’ici 2023 pour les véhicules, et la France a adopté une enveloppe de 100 millions d’euros pour soutenir la filière, surtout celle de l’automobile.