La filière volaille tire la sonnette d’alarme en France. Les importations de poulets continuent d’augmenter. La perspective d’un Brexit dur et l'accord avec le Mercosur risquent d’accentuer le phénomène.

Sur les six premiers mois de l’année, les importations de poulet ont progressé de 4,7 % en France par rapport à la même période de 2018, s’inquiète Anvol, l’interprofession de la volaille française. Le phénomène n’est pas nouveau, les nuages s’accumulent depuis plusieurs années sur la filière. Il y a 19 ans, les importations de poulets ne représentaient que le quart de la consommation nationale, l’an dernier 45 %.

La situation risque de s’aggraver avec la perspective d’un Brexit sans accord : les droits de douane qui seraient appliqués pourraient faire baisser fortement le volume des exportations européennes de poulets vers le Royaume-Uni. Un volume non négligeable, 657 000 tonnes par an. Cette quantité non exportée se retrouverait ainsi sur le marché européen, donc une partie en France. Une autre menace pèse sur les producteurs français : la perspective de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur. La filière volaille estime que 180 000 tonnes de poulets supplémentaires en provenance de l’Amérique latine seraient déversés sur le marché européen.

Comment regagner le marché intérieur 

Dans tout ce panorama pessimiste, une annonce a un peu soulagé l’interprofession. Le gouvernement s’engage à imposer l’affichage d’origine des viandes en restauration hors domicile. Il s’agit des cantines et des restaurants. Car le consommateur n’est peut-être pas au courant, mais la majorité des viandes de volaille qu’il mange en dehors de chez lui proviennent de l’étranger.

Pour regagner le marché intérieur, l’interprofession a établi un plan ambitieux et coûteux. Anvol souhaite investir 2,7 milliards d’euros sur 5 ans dans la filière volaille. Le but est de rénover et moderniser les outils de production, mais aussi de monter en gamme avec pour objectif : atteindre 50 % de production de volaille bio d’ici quelques années pour mieux répondre aux exigences des consommateurs.