L'accord de libre-échange États-Unis-Japon est encore incomplet, mais le texte signé par Donald Trump et Shinzo Abe, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies est avant tout destiné à faire plaisir aux agriculteurs américains.

« C’est une première étape d’un formidable nouvel accord », a commenté Donald Trump après la signature d’un communiqué conjoint avec Shinzo Abe. « Beaucoup de dollars pour nos agriculteurs et nos éleveurs », a ajouté le président américain.

7 milliards de dollars de produits agricoles américains

Le Japon accepte en effet d’abaisser ou de supprimer les taxes sur 7 milliards de dollars de produits agricoles des États-Unis, en particulier le blé, le bœuf, le porc, les produits laitiers et l’éthanol. La liste inclut également les amandes, les oranges, le brocoli... et même l’emblématique sauce tomate américaine. En retour les États-Unis suspendent leur menace de taxer à 25 % les voitures japonaises - jusqu’à la signature d’un accord plus large avec Tokyo, si ce premier accord est « fidèlement mis en œuvre ». Les concessions américaines portent pour l’heure sur les machines-outils du Japon, ses turbines, ses produits numériques, et sur 40 millions de dollars de produits agricoles, dont le thé vert et la sauce de soja.

Mais une baisse des taxes très progressive...

À première vue les agriculteurs américains sont les grands gagnants. Il était temps que la Maison Blanche affiche des résultats sur le front commercial agricole étant donné que les négociations avec la Chine piétinent. Elle n’importe plus de soja américain qu’au compte-gouttes, quand elle le décide. Quant au nouveau traité de libre-échange nord-américain, avec le Canada et le Mexique, favorable aux exportations agricoles des États-Unis, son vote est en suspens au Congrès américain...

... et des quotas de viande déjà atteints par le Japon

L’accord avec le Japon, lui, devrait s’appliquer dès janvier prochain. Mais il n’est pas pour autant la révolution dans les échanges agricoles attendue. Le fromage et le lactosérum des États-Unis sont certes avantagés, mais pas tous les produits laitiers qui étaient prévus dans le traité transpacifique, signé par Barack Obama, mais déchiré par Donald Trump. Quant à la viande américaine, elle bénéficiera d’une baisse de taxes plus ou moins rapide selon la qualité des morceaux. Il faudra attendre 9 ans pour le filet de porc, 15 ans pour le bœuf américain frais ou congelé. Pas de bond des volumes de bœuf à attendre de toute façon, ils sont déjà proches du niveau de sauvegarde qui déclencherait des taxes très élevées du Japon, avec ou sans accord.