L’Association française cotonnière s’est réunie ce mardi à Deauville dans le nord-ouest de la France, alors que les cours mondiaux de la fibre ont perdu 30% en 15 mois. Des sociétés cotonnières africaines au négoce, toute la filière guette la fin du conflit commercial sino-américain.

À quand l’éclaircie entre Pékin et Washington ? La question taraude les membres de l’Association française cotonnière réunie à Deauville. Cette guerre commerciale, qui a barré la route au coton américain, a déjà fait chuter les prix mondiaux en-dessous de leur moyenne historique de 30 ans. Le conflit sino-américain fait désormais stagner la consommation mondiale de coton, alors que la production, elle, est en hausse.

Bénin et Mali au coude à coude

Au printemps, les cotonculteurs ont été encouragés à semer par des prix bord champ attractifs, c’était avant le nouveau plongeon des cours. Les sociétés cotonnières africaines font d’ailleurs part à Deauville d’une augmentation des surfaces au Bénin et au Mali. Les deux champions africains seront au coude à coude sur la campagne 2019-2020, devant la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, qui lui, tente de relancer sa production malgré de gros problèmes sécuritaires. Derrière le Cameroun, mais devant le Sénégal et peut-être même le Togo cette année, le Tchad affiche aussi de grandes ambitions pour sa filière : elle renaît de ses cendres, depuis le rachat de CotonTchad par l’Indien Olam.

Les négociants craignent de lourdes pertes

Mais les acheteurs ne se pressent pas pour acheter cette récolte à venir, l’industrie textile tournant désormais au ralenti. Certains importateurs asiatiques, en particulier en Chine, mais aussi Bangladesh, ou en Indonésie, refusent même de prendre livraison de leurs commandes de l’année dernière. Les procédures d’arbitrage se multiplient pour défaut d’exécution des contrats, soulignent les négociants à Deauville. Ils craignent de lourdes pertes.

Argentine et Afrique du Sud, les pays émergents du coton

L’inquiétude et la nervosité sont donc palpables cette année au sein de l’Association française cotonnière. Les transporteurs maritimes également présents se consolent en voyant que le routes du coton se diversifient, depuis que la fibre américaine n’est plus la bienvenue en Chine. Les armateurs vont chercher les cotons les plus compétitifs du moment, au Brésil, bien sûr, mais aussi en Argentine et en Afrique du Sud. Là où la faiblesse de la monnaie face au dollar encourage les exportations de coton.