C’est un métal rare, mais de plus en plus utilisé par les constructeurs automobiles : les cours du palladium ne cessent de s’envoler. De quoi ravir la Russie, principal producteur de cette matière…

Plus de 1 700 dollars l’once au mois de septembre, le palladium ne cesse de battre des records sur les marchés internationaux. Devant le platine, et devant l’or, considérés pourtant depuis des années comme des valeurs refuges en ces temps d’incertitude économique. L’explication de ce succès : le palladium est un métal, que l’on ne trouve que dans quelques pays et surtout, les constructeurs automobiles en ont besoin pour équiper de pots catalytiques leurs moteurs à essence.

Depuis le scandale des moteurs Diesel, et avec le durcissement des normes écologiques, la demande n’a cessé de croître. Certains analystes s’inquiètent même d’une possible pénurie, car la Chine à son tour impose des normes environnementales à ses constructeurs – ce qui accroît encore la demande pour ce métal.

+80 % de bénéfice net pour Nornikel

Cette envolée des cours du palladium inquiète les industriels qui en ont besoin, mais elle réjouit bien entendu les quelques pays producteurs. À commencer par la Russie, principal producteur devant l’Afrique du Sud. Nornickel, l’entreprise qui exploite et qui vend le métal, a vu ses bénéfices s’envoler ces dernières années. En 2019 elle a même vu son bénéfice net augmenter de plus de 80 % au premier semestre. Et a pu se permettre d’augmenter sa production de 6 % dans le même temps, sans craindre de faire baisser les cours.

La Russie peut envisager l’avenir avec sérénité : le marché automobile n’est pas près de s’effondrer, et les alternatives au palladium sont pour l’heure inexistantes. Car si le platine est lui aussi utilisé pour la fabrication de pots catalytiques, c’est pour les moteurs Diesel que les constructeurs en ont besoin. En outre les constructeurs automobiles ne sont pas les seuls à utiliser le palladium : le métal est également recherché par les industriels de la chimie, ou de l’électronique.