Pour ses 25 ans, le Salon du chocolat organisé à Paris met en avant les pays producteurs de cacao. Et, en particulier, la Côte d'Ivoire qui vient, avec le Ghana, de gagner son bras-de-fer avec l'industrie chocolatière.

La première Dame ivoirienne est la marraine du Salon du chocolat cette année. Dominique Ouattara, qui a fait de la lutte contre le travail des enfants sa cause en Côte d'Ivoire, en particulier dans les plantations de cacao, verra sa fondation « Children of Africa » bénéficier des profits du salon. C'est aussi un créateur ivoirien, Gilles Touré, que le chocolatier français Cémoi a chargé de dessiner sa robe en chocolat pour le défilé. Une parure gourmande portée par Miss... Côte d'Ivoire.

Victoire à la conférence de Berlin

La Côte d'Ivoire est décidément à l'honneur, après un succès incontestable. En s'alliant au Ghana, elle a fait plier l'industrie du chocolat. Les deux géants ouest-africains du cacao, 70 % de la production mondiale, ont imposé leur « différentiel de revenu vital » ou « décent » aux grands de l'industrie.

Après des mois de bras-de-fer, la Côte d'Ivoire et le Ghana menaçaient de suspendre les certifications qui permettent aux marques de vendre leur chocolat avec un label. À Berlin, lors la conférence de la « World Cocoa Foundation » qui rassemblait la filière la semaine dernière, Mars, Nestlé, Cargill, Olam... ont emboîté le pas à Cémoi. Ils paieront bien la prime de 400 dollars exigée en supplément du prix du marché à terme pour les fèves de la prochaine récolte, celle de 2020-2021, qui n'est pas encore dans les cacaoyers, mais qui commence à être commercialisée.

Un retour au prix d'il y a trois ans

L'objectif affiché : mieux rémunérer les cacaoculteurs ivoiriens et ghanéens. Ils sont parmi les moins bien payés de la planète, les deux États ouest-africains prélévant aussi plus de taxes qu'ailleurs sur les revenus du cacao. Une partie du nouveau « différentiel de revenu vital » obtenu par ces deux pays sera destiné aux planteurs, qui recevront 70 % du prix plancher fixé par le Ghana et la Côte d'ivoire en juin 2019, 2 600 dollars la tonne, quel que soit le prix mondial. Cela reviendra à les payer 1 000 francs CFA le kilo de fèves à partir d'octobre 2020, soit 20 % de plus que pour la récolte en cours. Le PDG du chocolatier Cémoi reconnaît que « c'est le retour aux prix des fèves il y a trois ans ».