Le géant indien de l'acier Tata Steel va supprimer 3 000 emplois en Europe après le plongeon de ses bénéfices sur le Vieux Continent.

Tata Steel va tailler dans ses effectifs en Europe, actuellement 20 000 salariés. L'aciériste indien assure qu'il ne fermera aucune de ses usines sur le Vieux Continent, mais il vise pas moins de 3 000 suppressions d'emploi, principalement des postes administratifs, mais aussi opérationnels sur son aciérie d'Ijmuiden aux Pays-Bas. Les salariés des hauts fourneaux historiques de Port Talbot au Pays de Galles sont également inquiets. Tous demandent que soit respectée la promesse qu'avait faite le groupe indien de garantir l'emploi jusqu'en 2021, malgré l'échec de sa fusion avec son concurrent allemand Thyssenkrupp, sur laquelle il comptait pour économiser 400 à 500 millions d'euros.

Excédents des pays tiers

L'annonce de Tata Steel intervient après la parution de mauvais résultats pour le géant de l'acier en Europe. Les bénéfices ont chuté de 90 % entre avril et octobre. « Les surcapacités mondiales d'acier conjuguées au conflit commercial avec les États-Unis ont fait du marché européen un terrain de déversement pour l'excédent mondial », souligne le groupe dans un communiqué. L'an dernier, il est vrai, l'Europe a reçu 12 % d'acier supplémentaire des pays tiers, en particulier de Chine, ce qui a pesé sur les prix européens.

Coup de frein de l'industrie automobile...

Désormais c'est la consommation européenne d'acier qui décline, de 2 % depuis douze à dix-huit mois. L'industrie automobile qui pesait pou 20 % de la demande, devrait voir ses ventes de véhicules baisser de 2 % en 2019, de 3 % l'an prochain. Quant à la construction, qui avait soutenu la sidérurgie européenne jusqu'à présent, elle voit ralentir sa croissance.

... et coût du CO2

Toute l'industrie européenne de l'acier est touchée. Du Suisse Schmolz & Bickenbach au Britannique British Steel, sauvé in extremis par un rachat du Chinois Jingye. En passant par le numéro un mondial ArcelorMittal, qui a renoncé à racheter l'Italien Ilva, officiellement pour des raisons environnementales.L'environnement n'est pas le moindre des handicaps de l'industrie sidérurgique européenne. Tata Steel pointe l'augmentation des coûts pour compenser les émissions de CO2 du secteur. Des contraintes que n'ont pas les producteurs des pays tiers qui vendent leur acier en Europe.