Après huit ans de déclin, les prix de l’alimentation pourraient bien rebondir violemment au prochain accident climatique. Les analystes de la banque japonaise Nomura ont fait la liste des pays les plus vulnérables.

Avec des stocks mondiaux de céréales toujours très abondants, les prix alimentaires sont encore 28 % moins élevés que lors de leur dernier pic, en 2010-2011. Mais cette situation pourrait changer brutalement, avertit un rapport de la banque Nomura. On en voit déjà l'ébauche avec l'augmentation soudaine des prix des viandes depuis l'épidémie de fièvre porcine en Chine. Et d'autres facteurs de hausse sont en embuscade : le changement climatique fait se succéder les mauvaises récoltes de l'Australie à l'Argentine. La dépréciation du dollar pourrait donner le signal d'une nouvelle flambée des cours mondiaux, à moins que ce ne soit le rebond des cours du pétrole, ou les trois facteurs réunis.

La Libye, pays le plus vulnérable à une flambée des prix alimentaires

Les pays les plus vulnérables à une hausse des prix alimentaires seraient avant tout les pays en développement... 46 des 50 pays les plus vulnérables identifiés par les analystes de Nomura sont effectivement des pays où la richesse par habitant est la plus faible et où les dépenses de nourriture pèsent le plus dans le budget des ménages. Mais on a aussi considéré la balance du commerce alimentaire et l'endettement des États. A l'arrivée, les dix pays les plus fragiles ne sont pas les plus pauvres, mais les plus dépendants : la Libye, le Tadjikistan, le Monténégro, la Syrie, l'Algérie, la Jordanie, le Liban, le Laos, le Kirghizistan et l'Albanie. Si l'on élargit aux 50 pays les plus vulnérables, la plupart des pays africains apparaissent à leur tour, dont le Sénégal, l'Égypte, le Nigeria, le Cameroun, le Niger, l'Angola, le Tchad.

La Côte d'Ivoire, deuxième pays le moins vulnérable ?

En revanche, la Côte d'Ivoire est classée dans les pays les moins vulnérables. Elle est même considérée comme le deuxième pays le moins vulnérable, derrière la Nouvelle-Zélande, devant des pays avancés comme l'Irlande, le Luxembourg et les Pays-Bas ! Elle est le seul pays africain avec l'Ouganda et le Ghana à figurer parmi les 50 pays les moins vulnérables à une flambée des prix alimentaires, selon cette étude. La Côte d'Ivoire bénéficie, il est vrai, d'une balance commerciale excédentaire en matière agricole. Mais attention, il s'agit avant tout d'exportations de produits de rente comme le cacao, le café ou l'anacarde, et non de produits vivriers.