Vale cherche un repreneur pour son usine de nickel de Goro, en Nouvelle-Calédonie. Le géant brésilien des mines accumule les pertes sur cet investissement dans le territoire français du Pacifique.

Vale se désengage du nickel calédonien. Le PDG de Vale Nouvelle-Calédonie l'a confirmé ce mardi, 95 % de cette filiale du géant minier brésilien seront cédés dans le courant de l'année prochaine, avec des licenciements attendus parmi les 1 300 salariés.

La production n'a pas décollé

L'usine de Goro installée au sud du « Caillou » devait permettre de produire du nickel très pur par lixiviation acide à haute pression, un procédé nouveau censé donner de la plus-value à l'extraction du minerai brut calédonien. Mais les ennuis techniques ont empêché la production de décoller. Six ans et des milliards de dollars d'investissements plus tard, seules 23 000 tonnes d'oxyde de nickel ont été produites en 2019, la moitié de ce qui était prévu.

Les pertes s'accumulent, 200 millions de dollars à ce jour. Vale qui subit en parallèle de gros revers au Brésil avec deux ruptures de barrages catastrophiques sur ses mines de fer, se recentre sur le coeur de ses activités, aux dépens de son usine calédonienne. En attendant la cession, seul du nickel très peu transformé sera exporté.

Plongeon des cours du nickel

Le marché paraissait pourtant favorable au nickel, avec un nouveau débouché, celui des batteries pour les véhicules électriques. Mais la bulle spéculative s'est dégonflée. La Chine voit chuter ses ventes de voitures électriques depuis qu'elle a coupé les subventions. Il faut se rendre à l'évidence, le débouché de l'électrique est encore très réduit pour le nickel : 2%. L'acier inoxydable reste l'usage prédominant, or la Chine freine là aussi ses commandes. Malgré l'annonce d'un embargo prochain de l'Indonésie, les cours du nickel ont replongé de 18% en un mois, à moins de 13 700 dollars la tonne.

Gestion technique en question

« Si les cours du nickel restent bas, les producteurs vont tailler dans les usines les moins rentables », estime l'expert des métaux Didier Julienne. « Le feuilleton financier a eu des répercussions sur le montage de l'usine de Goro, mal gérée techniquement, alors qu'une usine semblable fonctionne très bien à Madagascar ». Ailleurs en Nouvelle-Calédonie, au nord, « l'usine de Koniambo, associée à une usine de raffinage du nickel en Corée du Sud, continue à faire des profits ». Malgré les hauts et les bas du marché du nickel.