L'Organisation des pays exportateurs de pétrole va-t-elle réduire davantage sa production pour soutenir les cours du brut ? Pourra-t-elle imposer plus de discipline à ses membres et à ses alliés, dont la Russie ? C'est tout l'enjeu des réunions qui se tiennent ce jeudi et le lendemain à Vienne, au siège de l'Opep.

À la veille de la réunion de l’Opep, le baril a dépassé les 63 dollars à Londres, une hausse de 3,5%. Un signe que les marchés croient au minimum à une prolongation de l’accord de réduction de la production du cartel et de ses alliés, dont la Russie. Cet accord devait s’achever en mars prochain. Mais les perspectives sont moroses pour les cours du brut. Les stocks mondiaux seront de retour l’an prochain, on prévoit 800 000 barils par jour d’excédents. Au pétrole de schiste américain qui a fait des États-Unis le premier producteur mondial, viendront s’ajouter les nouveaux barils produits au Brésil ou en Norvège. Et ce, alors que la consommation de pétrole risque d’augmenter moins que prévu : la guerre commerciale entre Washington et Pékin s’éternise et pourrait ne pas trouver de règlement avant les élections américaines de novembre prochain.

Irak et Russie, mauvais élèves

Les membres-clés de l’Opep, comprendre l’Arabie saoudite et l’Irak, voudraient prolonger l’accord au moins jusqu’à la fin de l’année prochaine voire même resserrer plus fortement les vannes : retirer non plus 1,2 million, mais 1,6 million de barils par jour, collectivement avec les dix pays hors de l’Opep. L’ironie c’est que l’Irak, pourtant numéro deux de l’Opep, est un des plus mauvais élèves de l’accord. Il n’a respecté qu’à 26% ses quotas le mois dernier ! Le Nigeria ne fait pas beaucoup mieux, alors que le secrétaire général de l’Opep est Nigérian... Au sein de l’Opep, les bons élèves, en résumé l’Arabie saoudite, le Koweït et secondairement l’Angola et l’Algérie aimeraient un peu plus de discipline. L’Iran trouve également injuste de porter, contraint et forcé par les sanctions américaines, les efforts de diminution de la production du cartel.

Hors de l’Opep, la Russie n’a pas non plus respecté ses engagements, elle a produit en octobre 20% de plus que promis. Le ministre russe du Pétrole ne s’est engagé à rien à la veille de la réunion de l’Opep, les compagnies russes telles que Lukoil faisant de plus en plus pression pour quitter l’accord avec l’Opep et ouvrir à nouveau grand les vannes.