Les marchés pétroliers s'attendaient au mieux à une prolongation de l'accord entre l'Opep et ses alliés, dont la Russie. Mais les pays exportateurs de cette alliance sont allés bien au delà, en diminuant de nouveau leur production de 503 000 barils par jour.

L’Opep et ses alliés, dont la Russie, ont créé la surprise, vendredi, en réduisant encore leur offre pétrolière. Au lieu d'1,2 million de barils retirés quotidiennement du marché depuis un an, ce sont 1,7 million de barils par jour que ne produira plus l'alliance Opep +, à partir de janvier. C'est donc un nouvel effort collectif de 503 000 barils par jour (dont 372 000 barils pour l'Opep, et 131 000 barils des pays hors Opep, 70 000 barils pour la seule Russie).

L'Arabie saoudite retire 400 000 barils supplémentaires

Mieux, l'Arabie saoudite s'est engagée à aller au-delà de son nouveau quota (10,145 millions de barils par jour) avec une réduction supplémentaire de 400 000 barils. Au total l'Opep + renonce à 2,1 millions de barils par jour, soit 2,1 % de la consommation pétrolière mondiale.

La cotation de Saudi Aramco en jeu

Cet accord au sein de l'alliance Opep et non Opep n'allait pas de soi. Les tensions s'étaient multipliées au sein du cartel et avec ses alliés. L'Arabie saoudite voyait, avec les nouveaux gisements brésiliens, se profiler de gros excédents mondiaux et donc une chute des cours en 2020, dont aurait pâti l'action de sa compagnie nationale Aramco, récemment entrée en bourse. Elle avait demandé à ses partenaires une coupe supplémentaire de leur production pétrolière avant les premiers échanges de l'action d'Aramco, qui auront lieu mardi prochain, à la bourse de Riyad.

Irak et Nigeria s'engagent à respecter leurs quotas

Mais l'Angola, qui avait plutôt bien respecté ses quotas jusqu'à présent, traînait cette fois des pieds. L'Irak, mauvais élève sur les quotas mais numéro deux du cartel, n'avait pas vraiment envie de rentrer dans le rang. Hors de l'Opep, la Russie faisait aussi de la résistance devant les propositions de Riyad. Mécontente, l'Arabie saoudite aurait alors menacé tous ces partenaires d'ouvrir les vannes à fond et d'inonder le marché mondial.

Prochain rendez-vous en mars 2020

La peur d'un effondrement des prix a fini par rapprocher les parties. La Russie a obtenu en échange de son accord de ne pas inclure dans son quota ses condensats, les liquides extraits de ses gisements gaziers. L'Irak et le Nigeria se sont de leur côté engagés à respecter désormais leurs quotas.On verra à la longue comment ce nouvel accord sera respecté dans les faits. L'alliance Opep + s'est donné rendez-vous en mars prochain pour en examiner les résultats et décider de le prolonger ou non.