Tensions à la veille de Noël dans la filière cacao. L'industrie du chocolat demande à la Côte d'Ivoire et au Ghana une nouvelle baisse de leur prime d'origine, en échange du différentiel de revenu décent pour les planteurs.

L'industrie du chocolat n'est pas prête à faire de cadeau de Noël aux pays producteurs en cette fin d'année. Les acheteurs de fèves négocient au contraire des concessions de la part de la Côte d'Ivoire et du Ghana. Ils aimeraient que les deux principaux fournisseurs mondiaux acceptent de baisser de nouveau la prime d'origine de leur cacao. Sans succès pour le moment, selon un trader.

Compenser le surcoût du différentiel de revenu décent

Les géants du chocolat et les négociants tentent de récupérer au moins en partie d'une main ce qu'ils ont donné de l'autre aux deux géants du cacao.

En juillet dernier, le Ghana et la Côte d'Ivoire avaient lancé un ultimatum à l'industrie : payez 400 dollars de plus la tonne de fèves pour la prochaine récolte si vous voulez y avoir accès. D'accord sur le principe d'un « différentiel de revenu décent » censé aller aux planteurs ivoiriens et ghanéens à partir d'octobre 2020, l'industrie du chocolat ne l'était visiblement pas sur la décomposition du prix global. Le bras de fer s'était durci. Les deux gouvernements ouest-africains menaçant de suspendre les systèmes de certification dont raffolent les consommateurs et qui rapportent de belles marges, l'industrie du chocolat avait cédé fin octobre. Il faut dire que la Côte d'Ivoire et le Ghana avaient dans le même temps diminué la prime d'origine de leur cacao.

Les fèves 2020-2021 ne se vendent pas bien

Mais cela n'a pas suffi. Près de deux mois plus tard, les ventes de cette récolte 2020-2021 ne décollent pas. La Côte d'Ivoire aurait commercialisé moins de 400 000 tonnes de fèves, 25 à 30 % de moins que l'an dernier à la même période, le Ghana, 40 % de moins avec moins de 150 000 tonnes à ce jour. Les chocolatiers et les négociants traînent des pieds. Ils ont des stocks énormes qu'ils ont constitués à partir de juillet sur la récolte en cours, quand le « différentiel de revenu décent » n'était qu'un projet. Aujourd'hui, ils semblent délaisser la récolte 2020-2021 et en acquérir le moins possible, dans l'espoir peut-être que le différentiel de revenu décent sera abandonné les années suivantes.