Les fruits des fêtes, les agrumes, sont beaucoup plus rares cette année sur tout le pourtour méditerranéen. Après une surproduction qui a ébranlé l'économie du secteur.

Maigre saison d'agrumes en Méditerranée cet hiver. Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Après la surproduction historique d'oranges, de clémentines et de citrons l'an dernier, l'Espagne va enregistrer, selon les spécialistes de FruiTrop, la deuxième récolte la plus faible de la décennie : 6,3 millions de tonnes contre 8 millions l'an dernier. Moins 18 %.

Effondrement de la production au Maroc

L'Italie, elle, va cueillir les plus faibles quantités d'agrumes de son histoire : 2 millions de tonnes, moins 25 %. Moins 25 % également au Maroc : 1,9 millions de tonnes contre 2,6 millions la saison dernière. Dans la région du Souss très importante pour la clémentine, c'est même un effondrement de 50 % des tonnages ! La Turquie, deuxième exportateur de Méditerrannée, n'est pas épargnée, avec 20 à 30 % de recul de sa production.

Aléas météos et trésoreries exsangues

L'alternance entre une année abondante et une année plus maigre est un phénomène agronomique assez classique en arboriculture. Mais elle est loin d'être la seule cause de la mauvaise récolte d'agrumes en Méditerranée. La météo défavorable est aussi responsable, avec les coups de chaleur qui ont été nuisibles entre mai et septembre derniers. Les lourdes pertes économiques du secteur ont aggravé les choses. La surproduction de l'année précédente a entraîné une chute des prix telle qu'au Maroc, on a laissé des fruits dans les arbres et que les plantations n'ont pas reçu le même entretien, faute de trésorerie.

La consommation européenne stagne

Les prix remontent un peu à présent, étant donné le déficit de production annoncé. Mais pas sûr que l'embellie se prolonge au-delà de cette saison. La tendance lourde est à l'extension des plantations au Maroc, en Turquie, en Egypte. Or la consommation européenne, elle, stagne, à part pour le citron. La création d'une valeur ajoutée devient nécessaire. Elle passe de plus en plus, pour répondre aux attentes environnementales des consommateurs, par les techniques d'agroécologie.